La soif est la sensation du besoin de boire. Un besoin vital : sans boire, l’homme ne va pas loin. La soif est aussi l’expression d’un profond désir : la soif d’un Dieu vivant, comme la biche soupire après l’eau du ruisseau (Ps. 42), la soif d’une eau vive pour la Samaritaine. Jésus dit : « Heureux ceux qui ont soif de justice ».

Dans le récit de la passion selon Jean, « J’ai soif » est le dernier désir exprimé par Jésus. Mais Jean ajoute : « afin que l’Ecriture soit accomplie ». Jésus s’inscrit dans les psaumes. Comme la biche, il désire Dieu. Il se sait exilé, loin de chez lui. Il crie dans le désert : sa soif est une soif de justice. Le Ps. 22 résonne: « Ma force se dessèche comme l’argile, et ma langue s’attache à mon palais;Tu me réduis à la poussière de la mort ». Ou le Ps 69: « J’espère des consolateurs, et je n’en trouve pas. Pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre ». Ou le Ps. 63 : « Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, dans une terre aride, desséchée, sans eau »

Ces plaintes n’aboutissent pas dans le vide, mais elles montent vers le ciel, vers un Dieu qui délivre (Ps. 118). Et c’est cela qui fait la force des psaumes : des paroles qui ne cachent, ni ne minimisent la douleur, mais qui malgré tout, sont entourées de lumière divine. « J’ai soif » dit celui qui dans sa vie a tant donné à boire autour de lui. N’y a-t-il pas dans cette ultime demande, le désir que toutes larmes soient essuyées et que la mort ne soit plus ? Christ est lui-même devenu « eau vive » pour les hommes. Deux jours plus tard, à Pâques, ce qui semblait aride, desséché et mort se mit à refleurir.

Nous vous souhaitons de belles fêtes de Pâques.

Frans van Binsbergen